
Monsieur l’actuel président de la République française a déplacé le lieu de commémoration de l’armistice cette année, je ne commenterai pas ce déplacement vers son lieu de vacances d’alors, mais moi j’ai fêté la paix en grandes pompes chez ma soeur, avec mes enfants, ma femme, et Bernard et Paulo. Quelle célébration! Mon foie s’en souvient mieux que ma mémoire. Et pourtant j’ai fait un exposé visuel de ce que j’ai mangé le soir-même.
J’avais mis mon plus beau costume et on est venu me chercher à domicile en 407 SW, s’il-vous-plaît. Bernard avait apporté mon attraction principale, qui m’a d’ailleurs bien diverti toute la journée (voir la photo ci-dessus). Il faisait bon, tout était en couleurs et en sourires, la table était aussi dressée que moi lorsque je m’approchais de ma conquête disparue, enfin très bien servie. C’était un « dimanche » comme je n’en avais plus que dans mes très vieux souvenirs.
Pour me remettre de mes 4 kilomètres de route en automobile, j’ai été immédiatement accueilli par un verre de Jeanlain ambrée. Le temps d’ôter mon blouson, j’en buvais un deuxième, et pour aller joindre ma place à table, Thoyo m’en servait un troisième. Je pourrais continuer la liste car les plateaux de toasts se sont succédés comme les voitures qu’on regarde passer sur une autobande aux heures de pointe. Je m’étonne de ne pas en avoir un seul en photographie. J’étais sans doute trop occupé à me tirer de la mousse pour tirer des clichés.
La première entrée chaude est arrivée: le potage pour se remettre d’aplomb et continuer l’orgie dans de bonnes conditions.

Ma mémoire me fait défaut pour déterminer l’origine de sa composition, bien que je l’aie mangé dans les deux sens, mais le plaisir de quelque-chose de bon est inoubliable.
Vite ! Un certain nombre de Jeanlain plus tard, il fallait déjà passer à la deuxième entrée. Les portes de la résistance sont nombreuses, il faut les franchir le coeur vaillant et les dents assérées. Les dents d’accord, pour ce qu’il m’en reste, et pour le coeur, c’est bien connu que je porte celui d’un artichaut. Et comme pour pousser la caricature de mon personnage: il était recouvert de foie gras.
Comme-si cela suffisait. Que serait une bonne part de foie gras sur son coeur d’artichaut si elle n’était pas tout de suite remplacée par son double une fois engloutie? Sisi, nous en avons mangé une seconde assiette, soit la troisième entrée après les olives et les toasts au poisson mort.
Et pendant ce temps, le tonneau de bière s’allégeait, ma vue se troublait et mes propos se mélangeaient. Heureusement, près de moi se tenait mon ami masqué, photographié ici incognito de manière à ce qu’il soit impossible de le reconnaître. Son sérieux de gourmet et sa fragilité délicate m’aidaient à tenir le coup. Nous avons en effet échangé des idées plus qu’importante sur le port de tresses par la gente féminine et déposé un projet d’entreprise de garde-mamans auprès des parcs d’attraction pour enfants.
Quelques verres de Jeanlain ambrée plus tard arrivaient les plats de résistance. Il serait inutile d’essayer de les compter, encore que cela m’eût été impossible par la Jeanlain, même dans un cas plus simple. Il y avait du lapin, des champignons, des petits-poids (dont je ne fais plus partie), des carottes (…), des pommes de terre sautées chaudement et avec amour, et de la Jeanlain ambrée.

J’ai mangé, j’ai dégusté le lapin, mais fait exceptionnel: je n’ai pas su finir l’assiette. J’ai pourtant bien essayé de lubrifier mon oesophage avec quelques verres de bière, de remanger, de tasser avec d’autres verres mais je n’en suis pas venu à bout. Je n’en suis pas fier.
Est-ce à cause d’une drôle de petite bestiole qui a passé la journée sur mes genoux? A presser mes joues gonflées de bière pour la faire jaillir sur Bernard et Paulo? C’est le prix à payer pour oublier les affres du célibat.

Enfin, pour que le repas soit parfaitement équilibré et se sentir léger comme la rosée du matin, nous sommes passé au dessert, aux desserts plutôt. J’étais censé régaler, ce que j’ai fait, et Wawai avait également fait des tartes. Elle s’était levée à cinq heures et demi pour les cuisiner. C’était une avalanche de gâteries, à consommer idéalement avec quelques verres de Jeanlain ambrée.

J’ignore comment tout cela s’est terminé. Je me souviens que Bernard a démonté sa pompe et que le tonneau de 5 litres qu’elle contenait était complètement vide. Forcément, par la loi de l’évidence, quelqu’un dans l’assistance était complètement plein. C’est pourquoi je vous demande de tolérer la qualité de ces photos illustratives que je n’ai pas pris le temps de « développer » correctement. Elles sont brutes sorties de l’appareil et ce qui m’intéresse là maintenant à la seconde où j’écris, c’est de rejoindre mon grand lit froid.
C’était un’belle fête hein!?



















très belle fête ; et très bon rata du poilu ; PS : c’était du potage au potiron de toto -
Elle est tres belle la photo de toi et moi